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Entretien avec Antoine Basbous, Politologue, directeur de l’Observatoire des pays arabes et associé chez Forward Global.

Israël, Syrie, Turquie, Qatar… La SIDH recevait le 26 novembre dernier Antoine Basbous, politologue et journaliste franco-libanais. L’occasion de faire un tour d’horizon de l’actualité du Moyen-Orient.

Sidh-France : Le Moyen-Orient est en guerre. Existe-t-il des zones de stabilité ?

Antoine Basbous : La guerre au Moyen-Orient est à géométrie variable. Il y a des épisodes conflictuels ultraviolents qui apparaissent au grand jour ; d’autres souterrains qui préparent les conflits et se manifestent le moment venu. La trêve entre deux phases guerrières n’est pas synonyme de paix, mais plutôt la préparation de l’épisode suivant.

Cependant, entre la Méditerranée et la Caspienne, soit entre Israël et l’Iran, il existe une zone préservée dans le Golfe. Les monarchies arabes de la région sont des oasis de stabilité, de modernité, d’autoritarisme et de prospérité. Elles sont toutefois vulnérables car susceptibles de subir des frappes de l’Iran ou de ses proxys. D’un côté, leur espace aérien est survolé régulièrement dans les échanges de frappes croisées entre Israël et l’Iran, opérées par des missiles, des drones ou par l’aviation militaire ; et de l’autre, l’Iran peut frapper ses voisins – comme il l’a fait contre le Qatar en juin dernier – ou encore charger son bras armé au Yémen d’opérer des frappes de missiles contre ces monarchies pour son compte.

Sidh : Quels sont les facteurs de blocage ?

A.B : Le prétexte premier de tous les blocages, c’est l’absence de solution au conflit israélo-palestinien. Le sort réservé au peuple palestinien provoque humiliation et indignation chez les opinions publiques arabes et islamiques du Moyen-Orient, au moment où Israël poursuit, voire accélère la colonisation de la Cisjordanie tout en niant l’existence d’un peuple palestinien et en refusant toute assise territoriale sur laquelle il pourra s’émanciper.

Israël pense qu’il aura liquidé l’idée d’un État palestinien en fêtant son 1er siècle d’existence en 2048. Pour ce faire, il met en pratique une vision messianique et accélère la colonisation de la Cisjordanie en poussant les Gazaouis vers l’Égypte et les cisjordaniens vers la Jordanie. Les régimes arabes sont lassés de soutenir une cause qui leur coûte cher, et qui n’a pas vocation à déboucher sur une solution. De son côté, l’Iran exploite cette cause pour exercer son hégémonie sur le monde arabo-islamique en prétendant soutenir cette « cause sacrée ». En réalité, le cynisme iranien avec le plan conçu par le général  Qassem Souleimani, tué dans une frappe de drone en 2020, ordonnée par Trump, aura coûté extrêmement cher à la population de Gaza, vouée à la déportation après l’échec de cette entreprise terroriste du 7 octobre 2023.

Sidh : La politique américaine peut-elle être prise au sérieux ? Les accords d’Abraham ont-ils un avenir ?

A.B : Les États-Unis demeurent le premier acteur de la géopolitique moyen-orientale, voire planétaire. Ils sont constants dans leur soutien quasi-inconditionnel à l’État hébreu. Les méthodes dépendent de la personnalité du locataire de la Maison-Blanche. Il peut être farfelu ou sérieux. L’état profond reste la colonne vertébrale de l’Amérique et constitue la liaison entre les mandats des différents présidents.

Les accords d’Abraham ne peuvent être relancés que si la promesse sérieuse de l’émergence d’une entité palestinienne, à une échéance crédible et garantie par la puissance américaine, est actée. Sans cela, cette dynamique ne pourra plus prospérer. Bien, au contraire, elle pourrait même régresser sous la pression de l’opinion publique.

Sidh : Quel bilan tirer de la guerre d’Israël depuis le 7 octobre 2023 ?

A.B : Israël a démontré une suprématie militaire et technologique impressionnante sur un rayon de 2 500 km. Cette guerre, qualifiée de « première guerre de l’intelligence artificielle », a mis en lumière la puissance des services de renseignement israéliens : élimination de dirigeants du Hamas et du Hezbollah, opération des bipeurs qui a neutralisé environ 5 000 cadres du Hezbollah, frappes sur les infrastructures iraniennes en Syrie, et destruction des capacités de défense aérienne de l’Iran.

Cependant, malgré ces succès militaires, Israël peine à les convertir en dividendes politiques. Après 25 mois de conflit, Gaza n’est toujours pas contrôlée, le Hezbollah existe encore (bien qu’affaibli de 80%), et l’Iran reste dans le déni, présentant même la situation comme une victoire à son opinion publique. La stratégie iranienne d’encerclement d’Israël par ses proxys a échoué, mais aucun adversaire n’a formellement capitulé.

Sidh : Qui est Ahmad al-Charaa (ex-al-Jolani) et peut-il stabiliser la Syrie ?

A.B : Al-Charaa est un produit du djihadisme : emprisonné en Irak par le général Petraeus (qui l’avait classé parmi les « prisonniers prometteurs »), il a ensuite évolué d’Al-Qaïda à Daech avant de fonder son propre mouvement. Les Qataris et les Turcs l’ont rendu « présentable » — il a raccourci sa barbe, adopté le costume-cravate, et multiplié les rencontres diplomatiques (33 au total, incluant Riyad, Washington, Paris).

Ses convictions djihadistes semblent désormais enfouies par pragmatisme : devenir un nouveau Zawahiri ou Baghdadi signifierait sa mort. Il fait preuve de souplesse avec les puissances étrangères et s’est montré ouvert envers Israël.

En revanche, il manque cruellement de souplesse sur le plan intérieur. Son régime adopte une mentalité de « conquérant » plutôt que de bâtisseur national. Les massacres contre les Alaouites (mars), les Druzes (mai et juillet), et les affrontements avec les Kurdes témoignent d’une incapacité à construire un partenariat avec les minorités. Sans cette inclusion, la Syrie risque de rester instable.

Sidh : Quel est le jeu d’Erdogan dans la région ?

A.B : Erdogan, dont le mandat se termine dans trois ans (le dernier selon la constitution actuelle), a deux priorités. La première est politique : modifier la constitution pour s’octroyer un mandat à vie, ce qui explique son rapprochement récent avec les Kurdes de Turquie dont les voix comptent au Parlement.

La seconde est stratégique : empêcher la réalisation du « couloir de David », un projet israélien qui relierait les territoires kurdes au port de Haïfa, donnant aux Kurdes un accès à la mer et à Israël un accès aux hydrocarbures kurdes. Cette perspective inquiète profondément Ankara, d’où la volonté que Damas contrôle fermement le nord-est syrien.

Erdogan cultive par ailleurs une image de « calife » — son entrée à 14h53 dans Sainte-Sophie reconvertie en mosquée (référence à 1453, chute de Constantinople) illustre ce symbolisme. Il s’appuie sur une base conservatrice et religieuse du centre de la Turquie, même si les grandes villes (Istanbul, Ankara, Izmir) votent désormais contre lui.

Propos recueillis par Antoine de Tournemire
et Sabine Renault Sablonière pour SIDH France

Publié le 4 décembre 2025 par Antoine de Tournemire. Cette article a été publié dans L'actualité des Droits de l'Homme et taggé géopolitique, Moyen-Orient. Enregistrer le lien de l'article.
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